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Découverte d’un métier: graphopédagogue

Grâce à la réalisation des vidéos d’écriture réalisées aux côtés de Laurence Pierson et des éditions Mdi, j’ai pu entrouvrir une toute petite fenêtre sur le métier de graphopédagogue.
Je vous avoue que j’ai découvert ce métier assez tardivement, et je le regrette…J’aurais certainement pu permettre à certains de mes élèves d’améliorer leur geste graphique, en les envoyant suivre quelques séances de rééducation …
Je partage avec vous ce soir une petite interview d’Anne Gaël Tissot, graphopédagogue, qui vous permettra de découvrir son parcours. Vous pourrez la retrouver sur son blog: SOS écriture , ainsi que sur les réseaux sociaux (Compte twitter: @dysgraphique)
Bonne lecture!
As-tu exercé un autre métier avant d’être graphopédagogue ?
A.G: Rires. Oui, graphopédagogue, ce n’est que ma dernière activité en date, celle qui a duré le plus longtemps… J’ai avant tout un diplôme d’ingénieur en informatique et pr-électronique. J’ai travaillé comme ingénieur responsable de service informatique, responsable parrainage dans une association d’aide aux réfugiés, formatrice en informatique pour l’ANPE, skipper de voilier hauturier, et professeur de mathématiques en collège… Mon parcours est atypique !
Qu’est-ce qui a motivé ton choix d’aller vers ce métier?
A.G: Les raisons qui ont motivé mon choix sont doubles : J’avais envie d’être à mon compte, tout en restant dans l’enseignement et la formation puisque j’aimais ce travail et étais appréciée comme professeur.
Les difficultés qu’ont rencontrées mes filles et l’absence de solution pour les aider m’ont incité à me former et de devenir graphopédagogue.
Quelle formation as-tu suivie pour être graphopédagogue?
A.G: J’en ai suivi plusieurs. J’ai commencé avec la formation de rééducatrice en écriture de D. Dumont, mais je n’ai jamais validé cette formation même si je l’ai suivie intégralement. Comme j’avais le sentiment d’être restée au milieu du gué,  j’ai continué ma formation avec mon amie de longue date Célia Cheynel qui m’a ouvert son cabinet ce qui m’a permis d’avoir enfin les compétences pour me lancer. Ensuite, j’ai continué à me former régulièrement sur des sujets variés pour parfaire mes connaissances (Elisabeth Nuyts, Benedicte Cazals, Joaquin Farias, Ginette Bizeul…)
 
Quels sont les points de résistance auxquels tu te heurtes ?
A.G: Il y en a beaucoup, c’est varié  :
Les problèmes administratifs et comptables quand on est profession libérale.
Les problèmes de santé et leurs conséquences quand on est à son compte (si on ne travaille pas, on ne gagne rien…).
Le fait que ma formation n’est pas reconnue par un diplôme d’état, ce qui rend les autres professionnels  méfiants ou même hostiles. Il faut beaucoup de temps pour se faire reconnaître.
 
Combien de temps (en moyenne) dure une prise en charge ?
A.G: Une prise en charge dure en moyenne 4 à 6 séances, parfois plus, parfois moins.
Quel âge ont les enfants (ou adultes?) que tu reçois?
A.G: Mon plus jeune élève avait 4 ans, le plus âgé 76 ans. Il n’y a pas d’âge pour améliorer son écriture.
As tu déjà rencontré des échecs dans tes prises en charge ?
A.G: Evidemment oui, il est impossible de réussir à aider tout le monde.
Parfois, les enfants sont vraiment dysgraphiques, et, si mon travail apporte un mieux, ce n’est pas suffisant.
Mais le pire pour moi, ce sont les enfants et les adolescents qui sont tellement convaincus qu’ils ne progresseront pas qu’ils n’y croient plus et ont déjà baissé les bras. Ça, c’est le plus difficile à accepter.
Quelle est la plus grande fierté que tu aies pu ressentir dans ton travail ?
A.G: Je suis toujours heureuse de remettre un beau diplôme de fin de rééducation.
Mais je crois que ma plus grande joie (je ne dirais pas fierté) a été quand une adulte dystonique qui n’écrivait plus depuis 15 ans m’a offert un poème écrit de sa main, avec une écriture magnifique (et une boîte de chocolats…). On a beau entendre dire que l’écriture manuscrite appartient au passé, je mesure à quel point cela peut retentir dans la vie de ceux qui ne peuvent écrire comme il le souhaitent.
Un grand merci Anne-Gaël, pour ces confidences dont tu nous fais part!
Peut-être donneras-tu envie à d’autres de devenir graphopédagogue…qui sait…?
Envie de devenir graphopédagogue? Retrouvez la formation de l’association 5E (clic!)
(5E= Enseignement de l’Ecriture pour Elèves, Etudiants, Enseignants)

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1 Comment

  1. Merci ma chère, un grand plaisir de découvrir ce métier aussi grâce à votre gentillesse de partager vos notes a propos ce métier. Je ce site très instructif en tant que acteur de développement de l’éducation populaire dans les quartiers de la région de Kaolack, ainsi dans les îles du Saloum. Avec notre Association EnfanceSenegal basée au Sénégal et qui œuvre pour le droit à l’éducation et le maintien des filles a l’école. Nous serons ravis de collaborer avec tout enseignants dans notre projet d’échange culturel entre enfants d’ici et d’ailleurs. Nous remercions de passage Madame Muriel notre première Partenaire et enseignante dans l’ouest de la France pour son engagement à la culture et le développement de l’Education a travers ce projet d’échange. Les enfants dans les îles du #Bassoul plus précisément seront très ravis de pouvoir bénéficier de ce programme.
    Ensemble nous pouvons….

    Malick Diop
    Secrétaire Exécutif EnfanceSenegal

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